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 Selon une étude publiée dans la revue PLoS Climate, les traumatismes climatiques provoqués par des catastrophes climatiques peuvent entraîner des dysfonctionnements cognitifs sur le long terme. Après le gigantesque incendie survenu en 2018 en Californie, de nombreux survivants continuent notamment à avoir du mal à maîtriser les pensées intrusives et les distractions.

Le 8 novembre 2018, un incendie se déclare au niveau d'un circuit électrique en Californie (Etats-Unis). Poussé par les vents, le "Camp Fire" détruira plus de 621 km² jusqu'à ce qu'il soit complètement maîtrisé le 21 novembre. La catastrophe aura fait 85 morts, une quinzaine de blessés et des centaines de personnes traumatisées. "Il est très important de mieux comprendre le traumatisme climatique, car il peut toucher des millions de personnes, le changement climatique se produisant à un rythme accéléré", explique à Sciences et Avenir la psychiatre Jyoti Mishra, qui a dirigé ces nouveaux travaux.

C'est cette récurrence et cet impact sur un grand nombre de personnes qui justifie de différencier le "traumatisme climatique", un terme qui n'a été inventé qu'il y a une dizaine d'années, du trouble de stress post-traumatique (TSPT). "L'expérience du stress ou du traumatisme lié à l'évolution du climat est différente du TSPT, qui a été créé dans le contexte de la guerre", précise Jyoti Mishra. Les conséquences sur la santé sont également un peu différentes, comme l'équipe l'avait démontré dans des travaux publiés en 2021 sur 725 personnes exposées au "Camp Fire" plus de six mois auparavant. "Nous avons constaté une forte prévalence de la dépression et de l'anxiété associées au traumatisme climatique, qui peut ou non se produire avec le TSPT", ajoute la psychiatre. L'effet était d'autant plus important que la perte provoquée par l'incendie était proche du sujet (destruction de sa maison, décès d'un proche).

Restait à comprendre si les symptômes du traumatisme lié au changement climatique se traduisent par des changements dans le fonctionnement cognitif. Et notamment les processus mentaux impliqués dans l'attention, l'inhibition de la réponse (la capacité à ne pas réagir impulsivement), la mémoire de travail (la capacité à retenir une infirmation sur une courte période de temps, comme un email à écrire ou un numéro de téléphone) et le traitement des interférences émotionnelles ou non, c'est-à-dire la capacité à ignorer les pensées et émotions intrusives, énumère Jyoti Mishra.

Grâce à des tests de performance sur 75 sujets, "nous avons constaté des déficits dans le traitement des interférences, c'est-à-dire que les personnes exposées au feu étaient plus distraites et ne peuvent pas se concentrer facilement sur une tâche", rapporte-t-elle. Des effets qualifiés de chroniques (long terme), les victimes ayant été exposés au "Camp Fire" déjà 6 à 12 mois auparavant.

A l'électroencéphalogramme, les chercheurs observent une plus grande activité cérébrale frontale. "Cela pourrait signaler l'effort cognitif plus important qu'elles fournissent pendant la tâche d'interférence, par rapport à un groupe témoin." En clair, ces personnes souffrant de traumatisme climatique devaient compenser leur défaillance en fournissant un effort supplémentaire pour rester concentrées par rapport aux témoins sains. Des résultats qui se confirmaient chez tous les sujets exposés au "Camp Fire", même de façon indirecte, et qui font écho à ce qui est observé chez les personnes souffrant de TSPT. "Le traumatisme climatique ressemble au TSPT, mais il reste encore beaucoup de travail à faire pour comprendre les caractéristiques cognitives distinctes et celles qui sont similaires", nuance Jyoti Mishra.

Si cette étude se concentre sur le "Camp Fire", les chercheurs anticipent des résultats similaires en termes de dysfonction des fonctions cognitives et cérébrales dans d'autres contextes de catastrophe climatique. En outre, ils recommandent chez ces personnes l'usage de stratégies permettant de réduire le stress, comme la méditation pleine conscience, l'activité physique régulière, un bon sommeil, une bonne hygiène de vie et de fortes connexions sociales.

 

 

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